Eglise Saint-Maurice

De l’église romane à l’église néo-gothique…

Depuis 950, un lieu de culte païen existait déjà à l’endroit où s’élève aujourd’hui l’Eglise Saint-Maurice. Dans les « Miracules », on parle même d’une chapelle ruinée.
Plusieurs églises se seraient succédées depuis le haut Moyen-âge.
D’après les informations recueillies par l’association Castellio, nous pouvons remonter à 1557, date à laquelle l’église romane de l’époque a été détruite, juste avant les guerres de religions. Celle-ci a été reconstruite en 1627, grâce au financement du cardinal Richelieu.

L’Eglise actuelle porte d’ailleurs encore les traces de l’époque puisqu’on peut toujours y lire ce texte officiel écrit en latin :

DEI. OPT. MAX. GRAA.
DONO. SUMPTIBUS O. Z. DD ILLUSTRISSIMUMI
CARDINALIS DE RICHELIEU STI BENEDICTI
SUPER LIGERIM ABBATIS HOC TEMPLUM PER
SEXAGINTA ET DECEM ANNOS PROSTATUM
SUSQZ. DEQZ SUBVERSUM REPARATUM ET
RECONSTRUCTUM EST AN. D. M. SEXC.
VIGES. SEPT. DIE OCT. MENS. AUGUSTI

Traduction :
À la gloire du Dieu Très Haut, par les dons et aux frais du Très illustre Cardinal de Richelieu, Abbé de Saint-Benoît-sur-Loire, ce temple exposé aux regards, pendant soixante et dix ans , détruit de bas en haut, fut réparé et reconstruit l’an de Dieu 1627, le huitième jour du mois d’août

Cette reconstruction s’inscrivait dans un schéma roman avec le clocher situé au-dessus du choeur. Très vétuste, elle nécessitait des réparations très fréquentes.
Une nouvelle construction sera alors ordonnée en 1877 par Félix Dupanloup, à la veille de sa mort. Personnage emblématique, il a été évêque d’Orléans, théologien et député. Pour ce projet de reconstruction, il envoie son spécialiste chanoine : l’abbé Serain dont il veut se servir pour ancrer le catholicisme dans les esprits. (Quand Dupanloup a nommé Serain, il l’a d’ailleurs mis au défi de réussir à trouver les moyens financiers nécessaires à la reconstruction de l’église).
L’obtention du financement se fait auprès de deux notables châtillonnais de l’époque : Philippe Champault, sociologue qui devient Maire de Châtillon en 1881 et Léon Pommier, notaire honoraire.
Ce financement est en quelque sorte une revanche sur les protestants. Et l’alliance entre la hiérarchie catholique et les notables en est la preuve !
En parallèle, une demande de reconstruction du presbytère était faite, les travaux débutent en 1873 financés par le Conseil municipal, le Département et la Fabrique (association des catholiques locaux). Le chantier de reconstruction de l’église dure, quant à lui, 2 ans et s’achève en 1879.
Ce fût, pour Châtillon, une période financière très difficile. Entre la reconstruction des écoles, du presbytère et de nombreux frais qui s’ajoutaient à ces travaux.
La toute nouvelle église néo-gothique est dotée d’une crypte qui a été découverte au moment de la démolition de l’ancien chevet. Elle a également hérité d’un bénitier qui provient d’une maison châtillonnaise située place du Marché et qui est peut-être d’origine protestante.
Une certaine Mme Talon aurait écrit au Curé de l’époque pour lui demander de sauver ce bénitier.
Les chapelles de Sainte-Thérèse ont été fabriquées au début du XXème siècle par Pierre Rimbault, un tailleur de pierres châtillonnais.
Cette église de 140 ans est en très bon état et régulièrement entretenue par la Commune.
Des informations concernant l’église sont disponibles au musée Castellio situé au-dessus du musée de l’Histoire et la Préhistoire.
L’Association fera d’ailleurs, bientôt, une étude approfondie au sujet de l’église.

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