La grange pyramidale

Le sauvetage de la grange - Châtillon-sur-Loire

Typique de la région, la grange pyramidale est l’une des dernières granges de ce type encore existantes. Sauvée de la démolition par un apiculteur châtillonnais, Sylvain Vayssade, elle a été remontée à la Fontaine Bénat à Châtillon-sur-Loire.

La grange pyramidale a été inscrite au titre des monuments historiques par la Direction régionale des affaires culturelles en 2012 et accueille aujourd’hui l’atelier d’extraction du miel de la Grange pyramidale.

La grange peut être visitée sur rendez-vous.
Le miel de la grange pyramidale

Contact

Sylvain Vayssade
Tél. : 06 60 50 06 69
Email : sylvainvayssade@gmail.com
Site : https://sites.google.com/site/grangechatillon45

Le sauvetage de la grange

Le sauvetage de la grange - Châtillon-sur-Loire

A Beaulieu-sur-Loire, face au château de Courcelles, la grange pyramidale trônait dans la cour de ferme de la Prébenderie depuis cinq siècles. Sa charpente de bois et son organisation intérieure, qui étaient adaptées à des exploitations agricoles traditionnelles, s’avèrent difficilement utilisables avec les techniques et engins agricoles modernes. Afin de remplacer la vieille grange par un hangar qui réponde mieux aux besoins de l’exploitation, les propriétaires de la grange pyramidale déposent un permis de démolir en 2000. La grange pyramidale du XVe siècle est vouée à disparaître.

En recherchant des emplacements pour ses ruches, Sylvain Vayssade découvre la grange et en tombe amoureux. Il décide de la sauver et de lui rendre son usage agricole premier. La grange pyramidale deviendra sa miellerie, l’atelier d’extraction du miel.

Le sauvetage de la grange - Châtillon-sur-Loire

C’est in extremis que le démontage est réalisé. En deux mois, bois, tuiles et silex sont démontés, transportés et stockés aux Gauvins à Beaulieu-sur-Loire, dans l’attente d’un terrain adapté pour reconstruire la grange. Elle sera finalement remontée à la Fontaine Bénat à Châtillon-sur-Loire, route de Cernoy, par Sylvain lui-même et François Le Bars, compagnon charpentier expérimenté.

Le sauvetage de la grange - Châtillon-sur-Loire

La grange pyramidale de Châtillon-sur-Loire est l’une des dernières granges pyramidales du Loiret. Le département voisin du Cher en abrite encore une trentaine dont plusieurs sont dans des états déjà désespérés. Ces bâtiments, qui servaient à l’abri des animaux ainsi qu’au battage et au stockage des grains, sont habituellement datés du XVe siècle. Ils pourraient être bien plus vieux. Typiques de l’architecture du Pays Fort, ces monstres de bois et de pierres, sont les derniers témoins d’une époque agricole révolue.

Un bâtiment agricole adapté à l’agriculture traditionnelle

Les granges pyramidales du Pays Fort ont en commun un toit à quatre pans qui descend jusqu’à un ou deux mètres du sol. La charpente, dite « charpente sur poteaux », formée de quatre à six « fermes » triangulaires, est soutenue par des poteaux de bois qui reposent eux-mêmes sur une pièce de bois horizontale appelée « sole ». Les murs, qui ne sont pas porteurs, sont constitués de pierre ou de colombages remplis à l’origine de torchis. Sur la façade, une large porte charretière vient s’incruster dans le toit qui forme auvent. Le plan intérieur s’ordonne autour d’un vaste espace central entouré de coursives.

Tout dans la conception du bâtiment le vouait à un usage agricole. Sous les gigantesques toits, originellement couverts de chaume, les paysans abritaient récoltes, foin, matériel et animaux. La partie centrale était réservée au battage du grain et laissé libre, le reste du temps, pour permettre la circulation des charrettes. Chargées de paille ou de foin, les remorques pénétraient jusqu’au centre de la grange pour alimenter le fenil, situé dans la partie haute du toit. De part et d’autre de l’espace central, sous les grandes avancées du toit, les travées accueillaient chèvres et vaches pendant l’hiver. Enfin, à droite et à gauche de la porte charretière, sous le toit, de petites pièces servaient de bergerie ou d’atelier. Dans la grange pyramidale de la Prébenderie, remontée à Châtillon-sur-Loire, l’une de ces petites pièces abritait l’atelier d’un charron. Souvent partagées par plusieurs familles, les granges pyramidales étaient parfaitement adaptées à l’économie agricole traditionnelle et faisaient la fierté de leurs propriétaires.

Les granges pyramidales du Pays Fort

Toutes les granges pyramidales connues se trouvent dans le Pays Fort. Dans le Loiret, des granges pyramidales subsistent à Beaulieu-sur-Loire, Saint-Firmin-sur-Loire, Pierrefitte-es-Bois et Châtillon-sur-Loire, toutes communes du canton de Châtillon-sur-Loire, canton le plus septentrional du Pays Fort. La majorité des granges pyramidales se trouvent dans la partie du Pays Fort rattachée au département du Cher.

La plupart d’entre elles ne bénéficient d’aucune protection. Si certains propriétaires investissent pour les conserver, d’autres les détruisent bonnement et simplement pour les remplacer par des bâtiments plus adaptés à l’agriculture moderne.

Une prise de conscience de la valeur de ce patrimoine paysan apparaît pourtant depuis quelques années. A Vailly-sur-Sauldre, une grange à pignon (qui n’était pas à l’origine une grange pyramidale) a été démontée en 2000 pour être remontée, transformée en grange pyramidale, au cœur du village. Le projet a donné lieu à la mise en place par le Syndicat mixte du Pays Sancerre-Sologne d’un « circuit des granges » et des études ont été réalisées par le Conseil en Architecture, Urbanisme et Environnement (CAUE) sur ces bâtiments si particuliers.

Cette politique, qui a fait des granges pyramidales le symbole du Pays Fort, a permis de sauver ces dernières années de nombreux bâtiments qui étaient promis à la destruction.

Lire l’article « Un apiculteur sauve une grange pyramidale du XVe siècle » dans Maisons Paysannes de France n°158 – 4e trimestre 2005

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