Temps de lecture : 3 minutes

Au moment où l’historien Marc Bloch entre au Panthéon, Châtillon commémore la mémoire du général de Gaulle.

« La France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre ! » s’exclamait le général de Gaulle sur une affiche qui rappelait son intervention radiophonique du 18 juin 1940. Cet appel, prononcé à Londres, a été  peu entendu à l’époque. Mais il a résonné longtemps dans l’oreille des Français qui avaient compris qu’il fallait poursuivre le combat contre les nazis et le régime complice de Vichy.

Le maire, Vincent Gitton, accompagné des élus, du président Philippe Debénath de la FNACA, des anciens combattants et  des porte-drapeaux a présidé cette cérémonie.

L’adjointe Rosemonde Sinzelle a lu l’appel de de Gaulle dont voici un extrait :

« … Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourdhui. Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien nest perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule !

Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des Etats-Unis. Cette guerre n’est pas limitée au territoire de notre malheureux pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale.

Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialisés des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu’il arrive, la Flamme de la Résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la radio de Londres. »

Le maire a poursuivi la commémoration par la lecture d’un message dAlice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants.

En voici un extrait :

« Le 18 juin 1940 au soir, sur les ondes de la BBC, un général de brigade à titre temporaire, sous-secrétaire d’État, prenait la parole pour refuser labandon que d’autres s’apprêtaient à accepter.

Il était seul. Il navait ni armée, ni territoire, ni ressources.

Il sapparaissait à lui-même, écrira-t-il plus tard, « comme un homme au bord dun océan quil prétendrait franchir à la nage ».

Et pourtant, dans cette voix qui montait de Londres vers une France où descendait la nuit, il y avait tout le réveil à venir.

À travers cet homme seul, la France refusait de mourir.

La veille, le 17 juin, un commerçant de Brive-la-Gaillarde, Edmond Michelet, diffusait clandestinement un tract reprenant les mots de Charles Péguy pour rappeler la France à « sa vocation de liberté » : « celui qui ne se rend pas a raison contre celui qui se rend, […] quel quil soit, doù quil vienne, et quel que soit son parti. [Il est lhéritier] de celle qui fit lever le siège dOrléans ». Ce fut l’un des tout premiers actes de la Résistance sur notre sol.

Ceux qui avaient répondu à lAppel lui donnaient un visage universel : parmi eux, Joseph Kessel, auteur du Chant des Partisans ; Joséphine Baker, enfant de Saint-Louis du Missouri devenue héroïne du renseignement ; Félix Éboué, petit-fils desclave et gouverneur du Tchad, qui offrit à la France libre son premier point d’appui.

Car le sens de leur combat dépassait le territoire national.

Le général de Gaulle le rappelait : « Un jour, je vous le promets, nous serons ensemble larmée qui rendra la liberté au monde et la grandeur à la patrie. »

Après ces lectures, le maire a fait respecter une minute de silence avant de remercier les participants à cette cérémonie.

ACTUALITÉS de Châtillon-sur-Loire

Share This