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Le festival Strange a encore fait mouche pour cette 24e édition à l'espace Gitton.

Punk, rock, reggae et merguez, la formule qui marche ! Les 1.500 festivaliers réunis à l'espace Gitton ont réjoui l'association L'Artscène, qui signe là une 24e édition qu'on n'est pas près d'oublier.

Le public a répondu à l'appel, et en nombre. Plus de 80 bénévoles ont tenu le festival tout le week-end, avec une organisation aux petits oignons. La sécurité et la Protection civile, elles, restaient discrètes mais bien présentes. Fidèle à son ADN rock, punk et musiques alternatives, le festival a, une nouvelle fois, tapé dans le mille.

Vendredi soir, place à King Kong Meuf, formation féminine venue tout droit de la scène punk indépendante, textes engagés et énergie pure. Le public était conquis en un rien de temps. Entre deux plateaux, DJ ORF Family Affair a mis l'ambiance avec un mix ska-reggae-punk, des années 1980. La soirée s'est poursuivie avec Le Réparateur, entre rock et punk, avant que Krav Boca, collectif franco-grec réputé pour ses shows explosifs, ne mette le feu aux poudres avec un cocktail punk-rap-alternatif. Une entrée en matière qui promettait la suite.

Samedi, dès l'ouverture, Poubi et Poubs ont fait le bonheur des plus jeunes avec leur spectacle de marionnettes, la fête, c'est aussi pour les petits. Puis la programmation a pris un virage plus éclectique avec Neniu. L'artiste châtillonnais se présente lui-même comme un « cyborg troubadour », mi-humain mi-ordinateur — une manière bien à lui d'annoncer la couleur avant même de monter sur scène. Son univers électro-pop, où l'esthétique du dessin animé croise une musique douce et riche en textures électroniques, s'est révélé au grand jour en 2022 avec un premier album entièrement autoproduit, Moulin, sorti chez le label La Souterraine. Une musique hybride qui butine autant du côté du rap que de l'électro, de l'hyperpop que de la chanson française. Pour Félix Vayssade, monter sur la scène du festival Strange, c'était carrément vivre un rêve de gosse, une émotion que le public a visiblement partagée, en offrant à Neniu une ovation méritée.

Entre les concerts, La Charcuterie musicale a continué de chauffer le public avec des tubes que tout le monde connaît par cœur. Puis est arrivé LE moment de cette édition : Taïro, tête d'affiche du festival, qui a fait chanter la foule et grimper le thermomètre. « Il met une ambiance de feu », glissait-on dans une foule visiblement sous le charme. Pour boucler la soirée, Bandi a livré un électro-dub costaud, entre hip-hop et techno — une belle façon de finir en beauté.

Question restauration, on était loin du sachet surgelé réchauffé au micro-ondes : merguez, saucisses-frites, chili con carne ou salade asiatique et ses nems, tout sentait bon le fait-maison et le coup de main bénévole. Et côté dessert, l'association Les Locaux s'motivent et Le Tchoubar avaient visiblement retroussé les manches bien avant le week-end — gâteaux, tartes, flans et crêpes maison, comme si mamie elle-même était passée derrière les fourneaux. De quoi culpabiliser un peu devant sa troisième part, mais on n'allait pas se priver. Le bar à vins et les buvettes ont fait le service sans faillir, et les stands de tee-shirts ont permis à chacun de repartir avec un souvenir cousu main, ou presque. On pouvait même se faire faire un nouveau tatouage.

L'an prochain, ce n'est plus une édition, c'est un anniversaire. « Les 25 ans du festival, c'est pour 2027 », s’exclame déjà Germain Berton, l’oeil vif planté dans le collimateur de grands projets.

Un rendez-vous que L’Artscène et le public attendent avec impatience.

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