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Le spectacle vivant et les courts-métrages à l’honneur.

Une grande première à Châtillon. Un festival du film associé à des seules-en-scène a permis d’apprécier le talent de jeunes artistes. À l’initiative de Félix Vayssade qui réunit, depuis plusieurs années déjà, des créateurs aux Millériaux de Pierrefitte, ce festival prend un nouveau départ à Châtillon. Venus de toute la France, ces jeunes cinéastes et ces femmes clowns ont présenté, trois soirs durant, leurs productions dans un esprit convivial que les 200 spectateurs ont partagé avec enthousiasme.

Les jeunes femmes qui ont fait le pari d’un seule-en-scène ont pris des risques. Il n’est pas facile, en effet, de présenter un spectacle pendant près d’une heure et de tenir en haleine les spectateurs. Mais Adèle Daléas, Chloé George Barthold et Camille Pautasso ont réussi à relever le défi avec brio ! Interpellant le public, s’interrogeant elles-mêmes, elles ont chacune à leur manière, mis en scène des personnages burlesques en quête d’identité dans un monde qui ne laisse pas toujours de place aux nuances.

Les soirées qui se sont déroulées à l’espace Gitton par un temps estival délicieux se sont enrichies de la présence des bénévoles des Locaux qui s’motivent dont les gâteaux faits maisons, les paninis et une grande variété de boissons fraîches ont fait la joie des festivaliers.

Chaque soir, après les seules-en-scène, deux films étaient présentés sur un grand écran. Sauf le premier, Scoops of Glory, qui ressemblait plus à une BD animée. Bob Nichols faisait défiler un demi-millier d’images racontant l’histoire un peu confuse et en anglais d’un personnage en prise avec un gang de vendeurs de glaces. Le second film, Modératrice, tourné par Joséphine Berthou, racontait le quotidien de Clémence, une employée chargée de modérer les contenus d’un réseau social. Confrontée toute la journée à des images violentes, elle voit peu à peu celles-ci envahir son esprit et perturber sa vie personnelle.

Samedi, la soirée a débuté par un méga bingo qui a permis aux participants de repartir avec de nombreux lots dans une ambiance détendue. Deux projections ont ensuite rythmé la soirée. Dans le film Qui a tué l’Aérotrain ?, Théo Audoire a rappelé cette aventure industrielle française qui n’a pas abouti. À l’issue de cette projection qui a particulièrement intéressé le public, le réalisateur a expliqué son travail et les quatre années nécessaires à la réalisation du film.

Le documentaire suivant, Les Rossignols de Clément Vinette  était consacré au quotidien de deux brocanteurs sillonnant les routes à bord de leur camion pour vider des maisons et donner une seconde vie aux objets récupérés.

Dimanche, pour la dernière soirée du festival, et devant un public devenu fidèle, Hector Boudot a baladé sa caméra dans un Cimetière marin à Essaouira au Maroc. Occasion d’évoquer la présence passée de colons français enterrés là dans un cimetière ensablé et nettoyé grâce à la générosité d’un mécène local par des migrants africains. Leur destin et leurs rêves d’un avenir meilleur se heurtant à la réalité difficile du quotidien marocain à défaut d’avoir pu franchir la Méditerranée.

Pauline Rouet, dans le dernier film présenté, James Bazards, a fait déambuler une peinture à la recherche de son identité. Ce festival des Mills cherche, lui aussi, son chemin. Et l’a trouvé ! Bravo.

La pari réussi de Félix Vayssade laisse augurer un nouveau festival l’an prochain, déjà très attendu.

À noter que Félix, plus connu dans le monde musical sous le nom de Neniu, compose de la musique instrumentale et donnera un concert au festival Strange dans trois semaines à Châtillon. Nous irons l’écouter.

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