Une exposition inédite, née d'un travail d'archives minutieux mené par Guy Brucy et Christophe Joneau.
Un temple rasé une nuit de mars 1684. Une communauté qui a bien failli disparaître des mémoires, avant qu'un long travail de fourmi ne vienne la ressusciter.
Jusqu'ici, l'histoire des protestants châtillonnais tenait en quelques pages écrites au XIXe siècle par l’abbé Cochard, peu soucieux de citer ses sources, et reprises depuis sans grande vérification. C'est ce vide que Guy Brucy et Christophe Joneau, de l'association Castellio, ont entrepris de combler, en reprenant tout depuis le début : registres paroissiaux, archives nationales, correspondances de pasteurs, fiches d'expatriés retrouvées jusqu'à Londres ou Berlin. Un travail de recoupement patient, jamais mené auparavant sur Châtillon, et qui change la donne.
Ce que ces recherches mettent au jour dépasse la simple chronique religieuse. Dès 1560, Châtillon devient l'un des foyers protestants majeurs du Giennois, porté par sa position sur la Loire et la proximité des universités d'Orléans et de Bourges. Au XVIIe siècle, la ville compte environ 280 familles huguenotes, ce qui en fait le principal bastion protestant de la région. Vignerons, artisans, bourgeois : la communauté irrigue toute la vie économique locale, au point d'inquiéter les autorités lorsque certains choisissent l'exil plutôt que l'abjuration.
Puis vient la répression. Le temple construit en 1596 est détruit sur ordre du Parlement de Paris, un an avant même la révocation de l'édit de Nantes. Le culte se réfugie alors dans les caves et les vignes. Les morts eux-mêmes deviennent un enjeu : les protestants surpris dans leur foi au moment de rendre l'âme risquent l'exhumation et l'outrage posthume. Une histoire dure, que Guy Brucy et Christophe Joneau racontent sans détour, tout en montrant comment la communauté a fini, patiemment, par retrouver sa place, jusqu'à l'édification du temple actuel en 1821, installé dans une ancienne grange aux dîmes.
C'est tout ce travail, salué pour sa rigueur et sa nouveauté par l’adjointe Rosemonde Sinzelle, que l'exposition donne à voir au public : panneaux explicatifs, portraits et documents d'époque retraceront ce parcours en images, avant que ses deux auteurs ne reviennent en détail sur leurs découvertes lors d'une conférence le 26 septembre à l’espace culturel.
Pratique
19 septembre au 10 octobre
Mardi au samedi de 10 à 12 heures et de 14 à 17 heures
Espace culturel de la mairie
47, rue Franche
02 38 31 99 66







