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Alambic, chapelle, cimetière protestant, temple, musée : programme chargé.

Deux cents personnes, deux jours, et tout un pan de l'histoire locale à (re)découvrir. Un succès.

Dès samedi matin, les visiteurs se sont retrouvés sur le Champ de Foire autour de l'alambic. Gérard Galfano, l'ancien maire, et Daniel Gaugué, adjoint, ont présenté l'histoire de cet édifice et les travaux de restauration réalisés ces dernières années. Construit en 1920 par le Syndicat des viticulteurs et agriculteurs du canton de Châtillon, il conserve trois imposantes cuves en cuivre de 400 litres chacune, fabriquées la même année par l'entreprise parisienne Deroy et restaurées avec soin. Un ancien four à pain, offert par Denis Cherbuis, a, également, été installé dans le bâtiment cette année.

Samedi après-midi, direction la chapelle Saint-Hubert, elle aussi remarquablement restaurée. Salomé Touchon, conseillère municipale, a retracé son histoire sous l’oeil avisé de l'association Castellio. Mentionnée à six reprises dans le terrier de 1502, tantôt sous le nom de Saint-Hubert, tantôt sous celui de Saint-Michel, la chapelle a particulièrement marqué les visiteurs par son vitrail représentant Le Miracle de saint Hubert, réalisé en 1938 et attribué à Charles Lorin, maître verrier de Chartres. Deux tableaux retirés durant les travaux, une Pietà et une représentation de sainte Solange, patronne du Berry, ont eux aussi retrouvé leur place. Le maire, Vincent Gitton, et plusieurs élus, présents sur l'ensemble du week-end, ont pu mesurer sur le terrain l'ampleur de ces restaurations et l'engouement du public pour le patrimoine communal.

Dimanche après-midi, l'association Castellio proposait une visite commentée du cimetière protestant et du temple. Les historiens Guy Brucy et Christophe Joneau ont guidé les participants à travers plusieurs siècles d'histoire, revenant sur les origines de ce cimetière, installé hors des murs de la ville dès le XVIe siècle. Longtemps, aucune tombe n'y était visible : il faudra attendre Napoléon Ier pour cela. Avant, un cimetière n'était qu'un champ creusé de tranchées où l'on déposait les corps, vidées tous les cinq ans pour faire place aux suivants. Après la révocation de l'édit de Nantes en 1685, les protestants, privés de sépulture commune, se sont mis à enterrer leurs morts dans leur cave, leur jardin, une vigne, une discrétion dont on retrouve encore la trace aujourd'hui dans la forme des parcelles. Il faudra attendre avril 1821 pour que les protestants obtiennent du sous-préfet de Gien l'autorisation de réutiliser leur ancien cimetière.

Après le cimetière, la visite s'est poursuivie au temple construit en 1821 dans une ancienne grange dîmière dont les origines remontent au XIIe siècle.

Le musée municipal de Préhistoire et d'Histoire, lui aussi ouvert tout le week-end, a accueilli son lot de curieux. Philippe Jarret et Guy Palluau assuraient la visite guidée entre deux silex et quelques vieilles pierres. De quoi clore en beauté un week-end où Châtillon aura, une fois de plus, prouvé qu'elle sait faire vivre son passé.

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