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Au Troc plantes, on a échangé des boutures et appris à adapter son jardin aux canicules.

Cet été, les jardins ont pris un coup de soleil ! Le traditionnel Troc plantes d'automne organisé par Éclat, ses bénévoles et sa présidente, Lucette Rat a été utile aux nombreux visiteurs. Boutures, graines et plants s'alignaient sur les tables, prêts à être échangés. Toute la matinée, le va-et-vient n'a pas faibli : on est venu donner ou échanger oignons d'iris, plantes araignées, agaves, géraniums, lavandes, mais aussi lauriers, menthes, romarin, sauge et bien d'autres encore.

L'après-midi, place à la conférence « Adapter nos espaces aux climats », animée par M. Guillot, paysagiste à Bonny-sur-Loire. Il est parti de ce que tout le monde a vu cet été : des feuillus, des conifères et des haies desséchés. Sa réponse tient en un mot : mélanger. Fini la haie d'une seule espèce, qu'une canicule ou une maladie oblige à remplacer d'un bloc. En associant phillyrea, alaterne et laurier-tin, une partie de la haie reste verte quand le reste souffre.

Deux habitudes en ont pris pour leur grade. La taille « au carré » au taille-haie d'abord : elle assèche l'intérieur des arbustes et laisse s'accumuler le bois mort. Le paysagiste lui préfère le sécateur, au cœur de la plante, pour retirer le bois sec et les branches qui se croisent, et laisser entrer la lumière. L'arrosage au tuyau ensuite : de l'eau froide du robinet sur un feuillage exposé à 40 °C en plein soleil, c'est un choc thermique. Mieux vaut un goutte-à-goutte au pied, ou de l'eau de pluie stockée, à température ambiante.

Pour les plantations, deux chiffres à retenir. D'abord 1,50 m : la distance minimale à garder avec un mur ou une clôture, qui renvoie la chaleur l'été et qu'il faut pouvoir longer pour entretenir le massif. Ensuite, trois à quatre fois la largeur de la motte : la taille de la fosse à décompacter. On y mélange un compost bien décomposé ou un paillage organique. Le terreau et le fumier frais, eux, ne doivent pas toucher les racines, car ils les brûlent.

Restait le choix des végétaux. Les vivaces, gauras et sauges en tête, encaissent la sécheresse et reviennent d'une année sur l'autre. Quant au gazon anglais vert tout l'été, c'est une illusion : on accepte que la pelouse jaunisse, on sursème en novembre, ou l'on passe au micro-trèfle et aux sédums. Prudence enfin avec l'eucalyptus et l'arbre à papillons, vigoureux mais vite encombrants, voire invasifs, dans un petit jardin.

Les amateurs de jardinage sont repartis avec des idées, et sans doute quelques boutures, pour faire évoluer leurs jardins face au réchauffement climatique.

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